Archive pour la catégorie ‘Coups d'oeil’

La petite révolution intérieure de Facebook

Vendredi 7 mai 2010

Dans la pléthore d’annonces faites lors de la conférence de développeurs organisée par Facebook, beaucoup se sont concentrés sur l’arrivée du nouveau bouton « Like », que de nombreux blogs, réseaux et sites d’infos se sont empressés de tester (50,000 sites l’auraient ajouté une semaine après l’annonce). Pourtant, une autre annonce nous a interpellé : celle du lancement de nouvelles pages appelées « pages communautaires » (community pages, encore en bêta). Il semblerait que d’autres changements soient à l’œuvre et qu’ils impactent la façon dont les utilisateurs interagissent sur la plateforme.

Facebook crée des « connexions » : Un maillage interne à Facebook tissé à partir de vos centres d’intérêt

Sur votre profil, vos centres d’intérêts (mais aussi votre métier, votre ville d’origine, vos formations) vont créer des « connexions » et renvoyer vers des pages, quel que soit le sujet !

Voilà comment Facebook définit ces « connexions » :

« Les connexions sont les personnes et les Pages avec lesquelles vous êtes en contact ou avez établi un lien sur Facebook, et deviennent une des façons importantes de vous exprimer sur votre profil. Facebook vous permet d’établir une connexion avec pratiquement n’importe qui et n’importe quoi, comme votre famille, vos amis, la ville dans laquelle vous habitez ou vos groupes et films préférés. »

Vous aimez manger du chocolat ? Il y a une page communautaire pour ça. Vous aimez sortir avec des amis ? Il y a aussi une page communautaire pour ça. Vous aimez acheter sur ebay ? Idem. En bonus, Facebook vous référencera parmi les personnes qui « aiment » ces pages à moins que vous ayez un profil restreint.

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Côté utilisateur, l’intérêt est de pouvoir trouver d’autres personnes partageant ses centres d’intérêt, en dehors de son réseau de contact préexistant. Côté Facebook, il s’agit de regrouper les utilisateurs autour de centres d’intérêt et de concrétiser les affinités entre membres : Facebook propose d’ailleurs d’affiner son ciblage comportemental avec toutes les micro-communautés formées plus ou moins automatiquement autour de ces pages. (allez lire en passant le billet de Fred Cavazza sur l’approche sémantique de Facebook). Entre les deux, on sent bien que les rapports de force tendent à s’inverser.

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Pour l’instant, tous les profils en France n’ont pas encore intégré cette modification, mais l’onglet « info » devrait subir quelques changements afin d’intégrer ces « connexions ».  « Aucune connexion ne sera effectuée en votre nom », prévient déjà Facebook, « et les sections de votre profil dans lesquelles vous ne souhaitez pas établir de connexion seront vides ». En plus clair : certaines des informations présentes sur votre profil seront des « connexions » publiques, ou ne seront pas.

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Facebook vous proposera via une boîte de dialogue de lier vos centres d’intérêt avec une série de pages fans officielles et de Pages communautaires. « Nous avons créé plus de 6 millions de Pages communautaires et nous continuerons d’en ajouter », annonce encore facebook dans sa rubrique d’aide.

La plupart de ces pages semble avoir été créées directement à partir des renseignements obtenus sur les profils des utilisateurs : on ne s’étonnera pas par exemple de voir apparaître une page « Jen Ai pas », correspondant certainement au contenu du profil d’un facebookien trop honnête sur ses connaissances littéraires.

Pages communautaires : Vous ne contrôlez plus la destination de vos statuts publics

Lorsque vous souhaitiez partager une humeur, vous aviez le choix entre le publier sur votre mur (et ainsi le rendre visible auprès de vos amis) ou sur le mur d’une page, d’un groupe, ou d’une application. Aujourd’hui, si vous n’avez pas touché à vos paramètres de confidentialité et que votre mur est visible « à tous », vos statuts peuvent potentiellement être référencés en temps réel sur ces « Pages communautaires » liées aux mots ou groupes de mots que vous utilisez

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Un onglet appelé « Publications liées » affiche tous les statuts public et « graisse » les mots clés qui correspondent au titre de la page. Les statuts de vos amis apparaissent également, de manière séparée. Inutile de dire que cela peut être dérangeant dans certains cas, puisque vous n’avez aucun moyen de savoir sur laquelle de ces pages vos statuts sont repris. Vous trouverez par exemple une page « chômage », que vous pouvez « liker », et qui affiche les publications de tous les utilisateurs ayant utilisé le mot.

Des « Pages communautaires » liées à des articles de Wikipédia

Il semblerait qu’un onglet présentant la fiche Wikipédia apparaisse sur les pages communautaires présentant des sujets référencés dans l’encyclopédie. Ces informations sont publiées par Facebook dans le cadre de la licence d’utilisation « creative commons » et d’un accord plus global. Le chef du Business development de la Fondation Wikimédia espère notamment que ce service viendra donner un coup de boost au trafic et permettre de recruter de nouveaux contrubuteurs

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Quel impact pour les personnalités et  les entreprises ?

A l’heure on l’on aimerait conseiller à certaines entreprises de ne pas aller sur Facebook avant de bien en comprendre les usages, la présence de ces « Pages communautaires » pourrait bien nous forcer à revoir notre argumentation.

Notons que Facebook fait toujours bien la différence entre ces pages et les pages officielles (l’ex-« page fan ») : « Les Pages communautaires sont conçues autour de rubriques, causes ou autres expériences. Les Pages officielles sont gérées par des représentants de la marque, de l’entreprise, de la personnalité publique ou de l’entité représentée ».

Pourtant, on s’étonne à découvrir des centaines de pages crées autour d’entreprises et de personnalités. Par exemple et d’après nos recherches, la quasi-totalité des entreprises du CAC 40 ont maintenant leur page communautaires, et celle-ci viennent parfois faire doublon avec les pages officielles déjà créées

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Certaines de ces entreprises ou personnalités n’étaient pas encore sur Facebook ? Et bien elles y sont malgré tout ! Et la seule façon d’intervenir sur ces pages reste de publier du contenu au sein duquel les bons mots clés apparaissent pour qu’il y soit référencé. Et puisque ces pages ne sont pas exclusives, il est possible de créer une page officielle qui porte le même nom qu’une page communautaire existante.
D’autre part, l’arrivée de ce type de page renforce l’importance de Wikipédia dans la gestion de la e-réputation : si votre entreprise possède une page sur l’encyclopédie, vous feriez bien de la soigner avant de voir son contenu repris sur Facebook et lié au profils des utilisateurs. Par exemple, chacun de vos salariés ayant renseigné le champs « emploi » de son profil pourrait potentiellement créer une « connexion » avec la page communautaire de votre entreprise.

Participer à la « meilleure collecte d’informations » concernant un sujet ? Quand ? Comment ?

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Chacune de ces pages affiche le message ci-dessus, invitant l’utilisateur à s’inscrire. Pour l’instant, aucune information complémentaire n’est disponible quant aux modalités d’interaction. Pourrons-nous publier des informations directement sur cette page ?

Sur certaines pages cependant, Facebook nous invite à entrer l’url d’un article Wikipédia ou « du site officiel » avant de nous remercier d’avoir participé « à l’amélioration de cette Page communautaire ».

Nous pouvons donc nous interroger sur l’utilité de cette page pour les utilisateurs. Et, dans les usages, viendront-ils sur Facebook pour lire une définition tirée de Wikipédia ?

Des nouveaux paramètres de contrôle pour ces « connexions »

Il semblerait que les changements autour de ces nouveaux profils fassent également apparaître un champ permettant de gérer ces « connexions » dans vos paramètres de confidentialité (vous pourrez voir à quoi cela ressemble sur ce blog). Il est certain, malgré tout, que ces changements risqueront de renforcer la confusion des utilisateurs : selon un sondage réalisé auprès des adultes, ils ne seraient que 43% à avoir réglé leurs paramètres de confidentialité. Même si nous savons tous que, la plupart du temps, le problème se situe entre la chaise et le clavier, espérons tout de même que Facebook n’oublie pas l’apprentissage et l’accompagnement dans sa bataille pour le web social.

The State of The Internet

Mardi 2 mars 2010

Laissons parler les chiffres ;-)

JESS3 / The State of The Internet from Jesse Thomas on Vimeo.

Dominique cardon sur les enjeux sociologiques des réseaux sociaux de l’Internet

Vendredi 4 septembre 2009

Dominique Cardon était invité aux rencontres des pratiques numériques des jeunes, à la Cité des Sciences en juin dernier. Ce chercheur et sociologue chez Orange LABS était notamment revenu sur son essai de typologie du web 2.0, dont on avait beaucoup parlé l’année dernière. Il est toujours intéressant de se le remémorer :

Vu sur Owni

Le phénomène des powermoms : un état des lieux

Lundi 29 juin 2009

Le phénomène des “Powermoms” est l’un des sujets les plus intéressants aujourd’hui sur le web. Derrière ce terme un peu barbare se cache des femmes, âgées en moyenne entre 25 et 54 ans, ayant a minima un enfant, et qui investissent de plus en plus le web social.

Elles parlent de tout ce qui les touche, de shopping, de maison, de leurs enfants ou encore boulot et santé, soit à peu près tous les sujets du quotidien.

Le phénomène est en réalité ancien, étudié depuis un bout de temps déjà aux États-unis, comme en témoigne cet article Empowering power moms publié en 2007.

Parmi les sites de références, voir notamment Powermoms.net, ou plus amusant Bizymoms.com, le site des femmes qui travaillent à domicile.

Si cette tendance s’est constituée au fil du développement des réseaux sociaux, ces dernières années, il n’en demeure pas moins que ce phénomène constitue aujourd’hui une véritable communauté érigée en objet d’études. En témoigne notamment l’existence du Marketing-to-Moms Conference (M2Moms.com).

Des consommatrices qui privilégient le web pour s’informer avant d’acheter

De l’étude “Searcher Moms – A Search Behavior and Usage Study” réalisée en 2007 par deux agences de marketing digital, DoubleClick et Performics, plusieurs chiffres sont à garder en tête : 70 % des mères connectées à internet se documentent sur la Toile avant de faire un achat en ligne et 57 % avant un achat en magasin,. Egalement, 86 % considèrent qu’internet est le medium le plus efficient pour obtenir des informations avant un achat. Enfin, donnée essentielle pour les webmarketers, 64 % des mamans interrogées disent se documenter sur un produit après avoir vu une publicité. Pour autant, elles sont 60 % à considérer que les marketeurs ignorent leurs besoins et 73 % à penser que les publicitaires ne comprennent pas ce que signifie être mère.

Côté français, l’étude « L’utilisation d’Internet par les femmes » réalisée en juin 2009 par l’Ifop pour la Mutuelle Générale rend compte de cette même tendance : 51 % des femmes ont un usage quotidien d’internet à 78 % depuis leur domicile. 73 % pensent qu’avoir des enfants pousse à utiliser davantage internet.

A la recherche de lien social

A la faveur de l’usage quotidien d’internet, les rencontres entre mères de famille ne se font plus seulement aux jardins d’enfants à l’heure du goûter. Comme nous l’explique Isabelle, auteur de monblogdemaman.mabulle.com dans l’interview réalisée dans le cadre de cet état des lieux, beaucoup de femmes se mettent au web durant une grossesse ou un congé parental…Le web permet de créer de nouveaux liens, d’échanger sur leur expérience, d’obtenir des conseils de mamans « expérimentées », ou tout simplement de raconter son bonheur d’être mère.

Au-delà de Facebook, les micro-communautés du Web 2.0 telles que MomBloggersClub.com ou TwitterMoms.com leurs permettent de rester connectées à leurs réseaux (famille, amis, collègues) et de partager des conseils, bons tuyaux et autres idées autour de la famille et de l’éducation des enfants. Sur la blogosphère française, elles sont nombreuses et actives, évidemment au sein des forums (doctissimo, aufeminin, magicmaman,…) mais aussi par la structuration d’une blogosphère maman (labellisée par la sortie en décembre dernier du classement wikio-elle.fr), E-Zabel est sans doute la blogueuse la plus suivie.

Les marques et les médias s’y intéressent

Ces mamans activent et prescriptrices sont l’objet de beaucoup d’attention, leur comportement étant scruté par les services marketing.

Des opérations leurs sont à présent dédiées comme le Walmart’s “eleven moms” qui est une plateforme, mise en place par le géant de la distribution, sur laquelle les mères s’échangent des bons plans pour économiser sur leurs achats. Dans un autre style, Radio Canada a adapté et produit Les Chroniques d’une mère indigne, initialement distillées sous la forme d’un blog et mis en scène sous la forme d’épisodes diffusés exclusivement sur Internet (sur Sedna.tv et Tvpt.tv). La diffusion en prime time du premier épisode était bien entendu l’occasion pour Radio Canada de réunir une centaine de mamans blogueuses autour de l’équipe de production.

Néanmoins, comme nous le confirme Isabelle, les meilleures opérations sont celles qui sont cohérentes avec la ligne éditoriale du blog. Qualité assez rare dans les innombrables sollicitations qu’elle reçoit quotidiennement.

En France, nous n’en sommes pas encore là, même si les mamans blogueuses sont de plus en plus « draguées » par les marques. Si un site comme aufeminin.com, qui compte parmi les plus importants forums en France en termes d’activité, propose depuis peu une application iPhone permettant un accès permanent aux forums, l’ajout de photos en ligne ou encore un suivi personnalisé et constant de sa grossesse, il n’en demeure pas moins qu’il est difficile de circonscrire une véritable communauté de mamans blogueuses, d’autant que toutes n’affirment pas forcément sur leur blog leur statut de « maman ».

Enfin, n’oublions pas que la consommation et les usages diffèrent entre les forums (où l’on cherche surtout des conseils et des « informations pratico-pratiques », comme nous le confirme encore isabelle dans l’interview) et le « récit de soi » et de son expérience personnelle (comme ici ou ) qui constitue la marque de fabrique du blog personnel.

Pour illustrer notre propos et sortir le nez des études marketing, nous avons interviewé Isabelle, de monblogdemaman.mabulle.com. Elle nous raconte le pourquoi du comment de son blog.


L’équipe PCNI et sa blogueuse maman ;-)