Archive pour le mot-clef ‘communication’

Grand Prix Stratégies de l’Edition d’Entreprise 2009 : intolérable cruauté

Jeudi 12 novembre 2009

Les dossiers de candidature m’ont été livrés 2 jours avant Le grand Jour. Pas le temps d’y jeter un œil…  Si, histoire de voir ce que proposent les agences concurrentes…  pas de bol, le cahier des charges stipule que le nom de l’agence ne doit pas figurer sur la lettre de candidature

Pas de bol 2, le dossier ne comporte aucune réalisation (qui ne seront dévoilées qu’aujourd’hui).

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8h30/ mercredi 4 novembre 2009 : Pile à l’heure

devant le 2 rue Maurice Hartmann

Echange de sourires crispés, la dizaine de jurés s’installe en silence.

On attend les quelques retardataires…  Le “Président » du jury prend place .Tooop Départ, ça rigole pas avec le timing.  Tour de table… quelques représentants d’agences, de taille moyenne, petite, grande (Publicis Consultants), un spécialiste du rich media, deux éditeurs, et 6 annonceurs dans des secteurs divers.

Au total, 12 participants  (aïe, va falloir batailler sec pour obtenir des majorités).

9h00/ 1ere catégorie : Intranet

Ah, les intranets !  Chers collègues, sachez-le : les présentations video/ppt façon clip avec force flous et transitions, on oublie :   tollé général : “On ne voit pas le contenu”  ”Mais je rêêêve : j’ai vu du lorem ipsum”  et autres “Je ne note pas, c’est flou” “On peut couper la musique ?”.

Ce premier levier de boucliers  aura le mérite de réveler les forts caractères. Le créatif est sanguin, l’annonceur sourit en coin, note en silence. Les éditeurs traquent le vice de fond.

Eh ben les intranets , c’est pas tip, top. Chacun se targue, sur le papier, d’interactivité, d’outils 2.0, de rich media…  on n’en verra pas la trace sur les écrans projetés. Nous notons chacun des écrans sur une échelle de 1 à 10.


10h18 : le Président ordonne “vite, on enchaine”.

Seconde catégorie : journal interne (print, tv, radio…). Les nominés sont notés les uns après les autres, on fait circuler les magazines.

Les clans se forment. Les créatifs jugent la forme, les éditeurs, le fond, et les annonceurs, le milieu (représentativité de la marque). Le président a quelquefois du mal à contenir les débats.

De beaux coups de cœur. Des échanges vifs, beaucoup de café, on argumente tout et son contraire, on est parfois d’accord, souvent en désaccord.


Des questions existentielles :

Comment juger sans prendre le temps d’évaluer la pertinence d’une action de com ?  => Eh bien, on perçoit l’objet, dans les mêmes conditions que la cible, qui aura les mêmes perceptions que nous, pauvre panel

Comment ne pas tenir compte des moyens budgétaires ? =>  difficile d’obtenir une totale transparence sur ce point.  On juge donc l’intention.

Comment dissocier une catégorie de son dispositif global ? => c’est une segmentation qui correspond bien à celle des agences, et aux services coms des clients

Pourrons-nous bientôt faire une pause, Président ? => Le président regarde sa montre. Le président est cruel : “encore une petite catégorie, 10mn de pause, et on enchaîne !”.

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La catégorie rapport annuel, dans la pièce attenante, nous permet d’admirer, de palper, de sentir les matières, une heure et demi durant. Pelliculé, recyclé, metallisé, le papier est triomphant dans cette catégorie reine.

Un seul a osé le 100% online : pas de bol, on ne l’a pas trouvé à l’adresse indiqué (!)

13H : Sushi Party géante, deux coupes de champagnes et trois cartes de visite scellent les alliances futures.

13h45 : Site internet, Journal externe, Livre d’entreprise… Les catégories s’enchaînent.

En moyenne, 4 mn pour noter un projet.
Pris sur le vif :

“Moi vivant, celui-ci ne mérite aucun trophée”, “Admirable outil, zero contenus”, “Si celui-ci n’est pas primé, je ne sais pas à quel siècle vous vivez”, “Comment ça, on ne voit pas assez le logo ?” Fou rire général.

Deux réalisations de Consultants se distinguent. Le Président a l’œil : “Valérie, tu ne peux pas voter dans cette catégorie”.

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15h : Fin des notations.

Le président nous laisser ouvrir les vitres, plutôt que de nous autoriser une pause, au risque de prendre du retad. Café !  Hop, hop, hop, il faut débattre et attribuer les Grand Prix .

Un peu de technique : les votes ont permis de distinguer 3 projets par catégorie. Un Grand Prix est attribué (ou deux si la qualité de la catégorie est exceptionnelle) pour les “excellents projets” et une mention est accordée pour les très bons choix secondaires. L’un comme l’autre n’est pas obligatoire.


16h18 : La Finale !

Le Granp Prix toutes catégories confondues…

Je dois patienter seule dans une salle attenante durant les votes finaux (c’est bon signe pour l’agence ;-)

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17H30 : c’est dans la boîte…

Mais chut… je suis tenue au secret jusqu’au 9 décembre !

La communication Internet de la Maison Blanche à l’épreuve des faits

Mardi 9 juin 2009

Whitehouse.gov webpage on the iPod Touch - US Presidential Inauguration - Screencap - by Scorpions and Centaurs

« Create a more transparent, participatory, and collaborative government. »

Si la formule sonne comme une promesse de campagne, il n’en demeure pas moins qu’inscrite noir sur blanc elle est à présent un des objectifs numéro un de la Maison Blanche dans le cadre du programme White House Open Government Initiative.

Signé de la main de Barack Obama le 21 janvier 2009, lendemain de son investiture, un Memorandum on Transparency and Open Government pose les bases d’une gouvernance numérique.

A ce titre, une équipe dédiée à la communication Internet de l’exécutif américain a été mise en place.

Macon Phillips, chargé du développement de Change.gov durant la période de transition entre l’élection et la prise de fonction du candidat démocrate, a été officiellement nommé directeur des nouveaux médias. De son côté, Cammie Croft, elle aussi engagée dans la campagne internet qui a mené Obama à la présidence des Etats-Unis, a été nommée directrice adjointe du pôle.

Katie Stanton, ancienne chef de produits Google Finance et collaboratrice de Yahoo, est désormais directrice en charge de la participation citoyenne au sein de l’équipe internet d’Obama. Enfin, Jesse Lee, qui a notamment été conseillère nouveaux média de Nancy Pelosi, Speaker de la Chambre des représentants, est aujourd’hui responsable des programmes en ligne de la Maison Blanche (WhiteHouse.gov).

WhiteHouse.gov

Véritable vitrine institutionnelle de la Maison Blanche, le site whitehouse.gov n’a plus grand-chose en commun avec celui de l’ère Bush, les conseillers de Barack Obama avaient d’ailleurs anticipé cette mutation avec un site transitoire entre l’élection et l’investiture Change.gov

Le site WhiteHouse.gov constitue la matrice de la communication de l’exécutif américain, en parallèle de la base de données que l’on trouve sur Data.gov

De nombreux sites Internet relaient les informations que l’on et de réseaux sociaux qui constituent autant de relais d’information moins formels.

Le format de l’information sur WhiteHouse.gov a également quelque peu évolué : parmi les grandes innovations on peut noter qu’il existe à présent un blog officiel sur lequel les billets sont signés par les communicants de l’exécutif. Fini les communiqués de presse anonymes et impersonnels. L’autre innovation majeure réside dans l’interaction entre citoyens et exécutif avec le programme Your weekly address qui permet de poser des questions au Président Obama qui répond, toutes les semaines, via la vidéo, à une sélection d’entre elles.

Si la transparence et la participation sont les mots d’ordre de la nouvelle gouvernance numérique américaine, il n’en demeure pas moins que cela se manifeste surtout par l’usage des réseaux sociaux et autres outils du Web 2.0

Page Facebook « Barack Obama »

Avec plus de 6.300.000 supporters, la page Facebook de Barack Obama est sans conteste la plus populaire de ce réseau social, loin devant Coca Cola qui arrive en deuxième position avec seulement moitié moins de fans.

Depuis son investiture, le 44ème Président des Etats-Unis a réorienté la ligne éditoriale de sa page Facebook : depuis le 20 janvier, son mur assure exclusivement la promotion des grands chantiers de son mandat (vote du budget et du plan de relance, réforme du système de santé) et des symboles politiques forts (vœux pour le Nouvel An iranien Nowruz, nomination de la Juge Sonia Sotomayor à la Cour Suprême).

Sur son mur, les informations publiées ne figurent pas en masse mais sont au contraire très ciblées : la rédaction écrite est neutre et impersonnelle, seule la vidéo fait intervenir le Président en personne.

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Chaque post fait l’objet de 40.000 feedbacks en moyenne, répartis entre appréciations (« j’aime ») et commentaires, qui constituent autant de plébiscites que de désaveux, avec une grande liberté de ton.

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Page Facebook « The White House »

Le 1er mai 2009, les communicants de la Maison Blanche créaient une page Facebook intitulée « The White House ». Véritable vitrine institutionnelle de l’exécutif sur la Toile, sa création était ainsi annoncée sur la page Facebook de Barack Obama :

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Le caractère institutionnel et le sérieux annoncés des informations mises en ligne est confirmé, un mois après son inauguration, avec toutefois la précaution suivante : « If you’re looking for the official source of information about the White House, please visit www.whitehouse.gov »

Une application permet de suivre certains discours du Président en direct et de les commenter au fil de leur visionnage. Le 4 juin, le discours du Caire était ainsi transmis en direct :

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Une utilisation quelque peu différente du compte Facebook de la Maison Blanche a vu le jour à l’occasion du discours du Caire, jeudi 4 juin 2009 : le mur « The White House » relayait des fragments du discours, en direct, en citant Obama himself. Le succès de cette interaction est manifeste au regard des commentaires postés par des internautes du monde entier.

Twitter

La distinction est identique à celle opérée sur Facebook : le fil Twitter BarackObama s’attache à la communication personnelle du Président tandis que le fil whitehouse revêt un caractère institutionnel.

A approches différentes, succès différents : le fil BarackObama comptabilise plus de 1.300.000 followers-profile (personnes abonnées) et 776.000 following_profile (fils suivis) tandis que whitehouse revendique 240.022 personnes abonnées, elle-même ne suit que 65 fils Twitter parmi lesquels on trouve les très institutionnels downingstreet, NASA ou encore NavyNews.

BarackObama interagit avec les Internautes et renvoie vers le site de campagne my.barackobama.com pour plus d’information. Ce fil apparaît donc comme un levier de mobilisation puisque l’on trouve sur MyBO tous les outils du cybermilitant.

Le 20 mai 2009, sur le Twitter BarackObama, on pouvait à cet effet lire cette incitation à la mobilisation avec un lien vers son site de campagne :

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Tandis que whitehouse semble utiliser Twitter d’une part comme un circuit fermé entre institutions et d’autre part comme une vitrine pour les Internautes en présentant l’actualité de la Présidence. Les liens postés renvoient d’ailleurs à la rubrique the BRIEFING ROOM de WhiteHouse.gov

Autres outils du Web 2.0

La Maison Blanche est également présente sur la plateforme iTunes avec des fils audio et vidéo qui permettent de s’abonner aux interventions hebdomadaires de Barack Obama, à ses discours ou encore à ses conférences de presse.

Même méthode sur les sites de partage de vidéos où la Maison Blanche dispose d’une page à laquelle les abonnées reçoivent automatiquement les données postées : 54.000 personnes suivent ainsi les vidéos de la Maison Blanche sur DailyMotion.com et 2.000 sur vimeo.com, vidéos qu’elles peuvent commenter et évaluer à leur gré.

Autre réseau social, la page de la Maison Blanche sur MySpace.com recense près de 185.000 amis, certains très politisés, à l’image de la mère d’un Marines envoyé en Afghanistan :

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Mis en place par le Département d’Etat (Bureau des programmes d’information internationale), America.gov est un site d’information sur la politique étrangère américaine ainsi que sur la culture et le mode de vie anglo-saxons. Les billets du blog Obama Today révèlent par exemple les offs présidentiels au fil du quotidien. Si les informations mises en ligne sont informelles, elles n’en demeurent pas moins officielles.

Enfin, la page Flickr donne à voir une sélection de photos officielles, dans une approche de photojournalisme (photos prises sur l’instant, large place accordée aux légendes, etc.) le tout étant comme à l’accoutumée ouvert aux commentaires :

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En somme, si les bases posées par le Memorandum on Transparency and Open Government sont suivies d’effet, elles n’en demeurent pas moins ambitieuses.

« Les moyens font défaut, note Francis Pisani dans Maison Blanche 2.0 : finie la rigolade. Les cent personnes dédiées aux nouveaux médias pendant la campagne ne sont plus qu’une dizaine à l’arrivée au port. Mais c’est surtout le changement d’échelle qui compte. Ils ont maintenant affaire à 300 millions d’Américains… bien plus nombreux et plus durs à manier que leurs partisans de novembre dernier. »

Si l’aspect participatif semble fonctionner au regard de la présence d’amis et autres fans sur les réseaux sociaux de la Maison Blanche, il apparaît toutefois impératif d’une part de ramener leur nombre à la taille de la population américaine et, d’autre part, de mettre en perspective l’efficacité de leurs prises de parole.

L’expérience menée sur le site internet gouvernemental http://opengov.ideascale.com/ permet aux internautes d’émettre des propositions et de les évaluer pour faire émerger les plus populaires d’entre elles. Or, cette expérience nous enseigne que la forte mobilisation d’une poignée d’internautes suffit à biaiser la hiérarchie des propositions. Ainsi, parmi les sept propositions les plus populaires, trois concernent la légalisation du cannabis.

Son efficacité demeurant à démontrer, le participatif apparaît alors au mieux comme un instrument de mesure de l’opinion publique et au pire comme un outil de légitimation de la décision politique.