Archive pour le mot-clef ‘web 2.0’

Dominique cardon sur les enjeux sociologiques des réseaux sociaux de l’Internet

Vendredi 4 septembre 2009

Dominique Cardon était invité aux rencontres des pratiques numériques des jeunes, à la Cité des Sciences en juin dernier. Ce chercheur et sociologue chez Orange LABS était notamment revenu sur son essai de typologie du web 2.0, dont on avait beaucoup parlé l’année dernière. Il est toujours intéressant de se le remémorer :

Vu sur Owni

La communication Internet de la Maison Blanche à l’épreuve des faits

Mardi 9 juin 2009

Whitehouse.gov webpage on the iPod Touch - US Presidential Inauguration - Screencap - by Scorpions and Centaurs

« Create a more transparent, participatory, and collaborative government. »

Si la formule sonne comme une promesse de campagne, il n’en demeure pas moins qu’inscrite noir sur blanc elle est à présent un des objectifs numéro un de la Maison Blanche dans le cadre du programme White House Open Government Initiative.

Signé de la main de Barack Obama le 21 janvier 2009, lendemain de son investiture, un Memorandum on Transparency and Open Government pose les bases d’une gouvernance numérique.

A ce titre, une équipe dédiée à la communication Internet de l’exécutif américain a été mise en place.

Macon Phillips, chargé du développement de Change.gov durant la période de transition entre l’élection et la prise de fonction du candidat démocrate, a été officiellement nommé directeur des nouveaux médias. De son côté, Cammie Croft, elle aussi engagée dans la campagne internet qui a mené Obama à la présidence des Etats-Unis, a été nommée directrice adjointe du pôle.

Katie Stanton, ancienne chef de produits Google Finance et collaboratrice de Yahoo, est désormais directrice en charge de la participation citoyenne au sein de l’équipe internet d’Obama. Enfin, Jesse Lee, qui a notamment été conseillère nouveaux média de Nancy Pelosi, Speaker de la Chambre des représentants, est aujourd’hui responsable des programmes en ligne de la Maison Blanche (WhiteHouse.gov).

WhiteHouse.gov

Véritable vitrine institutionnelle de la Maison Blanche, le site whitehouse.gov n’a plus grand-chose en commun avec celui de l’ère Bush, les conseillers de Barack Obama avaient d’ailleurs anticipé cette mutation avec un site transitoire entre l’élection et l’investiture Change.gov

Le site WhiteHouse.gov constitue la matrice de la communication de l’exécutif américain, en parallèle de la base de données que l’on trouve sur Data.gov

De nombreux sites Internet relaient les informations que l’on et de réseaux sociaux qui constituent autant de relais d’information moins formels.

Le format de l’information sur WhiteHouse.gov a également quelque peu évolué : parmi les grandes innovations on peut noter qu’il existe à présent un blog officiel sur lequel les billets sont signés par les communicants de l’exécutif. Fini les communiqués de presse anonymes et impersonnels. L’autre innovation majeure réside dans l’interaction entre citoyens et exécutif avec le programme Your weekly address qui permet de poser des questions au Président Obama qui répond, toutes les semaines, via la vidéo, à une sélection d’entre elles.

Si la transparence et la participation sont les mots d’ordre de la nouvelle gouvernance numérique américaine, il n’en demeure pas moins que cela se manifeste surtout par l’usage des réseaux sociaux et autres outils du Web 2.0

Page Facebook « Barack Obama »

Avec plus de 6.300.000 supporters, la page Facebook de Barack Obama est sans conteste la plus populaire de ce réseau social, loin devant Coca Cola qui arrive en deuxième position avec seulement moitié moins de fans.

Depuis son investiture, le 44ème Président des Etats-Unis a réorienté la ligne éditoriale de sa page Facebook : depuis le 20 janvier, son mur assure exclusivement la promotion des grands chantiers de son mandat (vote du budget et du plan de relance, réforme du système de santé) et des symboles politiques forts (vœux pour le Nouvel An iranien Nowruz, nomination de la Juge Sonia Sotomayor à la Cour Suprême).

Sur son mur, les informations publiées ne figurent pas en masse mais sont au contraire très ciblées : la rédaction écrite est neutre et impersonnelle, seule la vidéo fait intervenir le Président en personne.

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Chaque post fait l’objet de 40.000 feedbacks en moyenne, répartis entre appréciations (« j’aime ») et commentaires, qui constituent autant de plébiscites que de désaveux, avec une grande liberté de ton.

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Page Facebook « The White House »

Le 1er mai 2009, les communicants de la Maison Blanche créaient une page Facebook intitulée « The White House ». Véritable vitrine institutionnelle de l’exécutif sur la Toile, sa création était ainsi annoncée sur la page Facebook de Barack Obama :

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Le caractère institutionnel et le sérieux annoncés des informations mises en ligne est confirmé, un mois après son inauguration, avec toutefois la précaution suivante : « If you’re looking for the official source of information about the White House, please visit www.whitehouse.gov »

Une application permet de suivre certains discours du Président en direct et de les commenter au fil de leur visionnage. Le 4 juin, le discours du Caire était ainsi transmis en direct :

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Une utilisation quelque peu différente du compte Facebook de la Maison Blanche a vu le jour à l’occasion du discours du Caire, jeudi 4 juin 2009 : le mur « The White House » relayait des fragments du discours, en direct, en citant Obama himself. Le succès de cette interaction est manifeste au regard des commentaires postés par des internautes du monde entier.

Twitter

La distinction est identique à celle opérée sur Facebook : le fil Twitter BarackObama s’attache à la communication personnelle du Président tandis que le fil whitehouse revêt un caractère institutionnel.

A approches différentes, succès différents : le fil BarackObama comptabilise plus de 1.300.000 followers-profile (personnes abonnées) et 776.000 following_profile (fils suivis) tandis que whitehouse revendique 240.022 personnes abonnées, elle-même ne suit que 65 fils Twitter parmi lesquels on trouve les très institutionnels downingstreet, NASA ou encore NavyNews.

BarackObama interagit avec les Internautes et renvoie vers le site de campagne my.barackobama.com pour plus d’information. Ce fil apparaît donc comme un levier de mobilisation puisque l’on trouve sur MyBO tous les outils du cybermilitant.

Le 20 mai 2009, sur le Twitter BarackObama, on pouvait à cet effet lire cette incitation à la mobilisation avec un lien vers son site de campagne :

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Tandis que whitehouse semble utiliser Twitter d’une part comme un circuit fermé entre institutions et d’autre part comme une vitrine pour les Internautes en présentant l’actualité de la Présidence. Les liens postés renvoient d’ailleurs à la rubrique the BRIEFING ROOM de WhiteHouse.gov

Autres outils du Web 2.0

La Maison Blanche est également présente sur la plateforme iTunes avec des fils audio et vidéo qui permettent de s’abonner aux interventions hebdomadaires de Barack Obama, à ses discours ou encore à ses conférences de presse.

Même méthode sur les sites de partage de vidéos où la Maison Blanche dispose d’une page à laquelle les abonnées reçoivent automatiquement les données postées : 54.000 personnes suivent ainsi les vidéos de la Maison Blanche sur DailyMotion.com et 2.000 sur vimeo.com, vidéos qu’elles peuvent commenter et évaluer à leur gré.

Autre réseau social, la page de la Maison Blanche sur MySpace.com recense près de 185.000 amis, certains très politisés, à l’image de la mère d’un Marines envoyé en Afghanistan :

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Mis en place par le Département d’Etat (Bureau des programmes d’information internationale), America.gov est un site d’information sur la politique étrangère américaine ainsi que sur la culture et le mode de vie anglo-saxons. Les billets du blog Obama Today révèlent par exemple les offs présidentiels au fil du quotidien. Si les informations mises en ligne sont informelles, elles n’en demeurent pas moins officielles.

Enfin, la page Flickr donne à voir une sélection de photos officielles, dans une approche de photojournalisme (photos prises sur l’instant, large place accordée aux légendes, etc.) le tout étant comme à l’accoutumée ouvert aux commentaires :

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En somme, si les bases posées par le Memorandum on Transparency and Open Government sont suivies d’effet, elles n’en demeurent pas moins ambitieuses.

« Les moyens font défaut, note Francis Pisani dans Maison Blanche 2.0 : finie la rigolade. Les cent personnes dédiées aux nouveaux médias pendant la campagne ne sont plus qu’une dizaine à l’arrivée au port. Mais c’est surtout le changement d’échelle qui compte. Ils ont maintenant affaire à 300 millions d’Américains… bien plus nombreux et plus durs à manier que leurs partisans de novembre dernier. »

Si l’aspect participatif semble fonctionner au regard de la présence d’amis et autres fans sur les réseaux sociaux de la Maison Blanche, il apparaît toutefois impératif d’une part de ramener leur nombre à la taille de la population américaine et, d’autre part, de mettre en perspective l’efficacité de leurs prises de parole.

L’expérience menée sur le site internet gouvernemental http://opengov.ideascale.com/ permet aux internautes d’émettre des propositions et de les évaluer pour faire émerger les plus populaires d’entre elles. Or, cette expérience nous enseigne que la forte mobilisation d’une poignée d’internautes suffit à biaiser la hiérarchie des propositions. Ainsi, parmi les sept propositions les plus populaires, trois concernent la légalisation du cannabis.

Son efficacité demeurant à démontrer, le participatif apparaît alors au mieux comme un instrument de mesure de l’opinion publique et au pire comme un outil de légitimation de la décision politique.